AI governance

The most expensive thing AI does in our businesses

It's not about replacing people. It's about pitting colleagues against each other. Costing of workslop and return to the principle of responsibility.

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Offshore industrial project in a marine environment
In complex projects, deliverable governance remains decisive.Image credits →

On mesure l'IA avec parfois le mauvais indicateur : les pilotes lancés, les licences achetées. Et presque personne ne compte ce qui se passe de plus en plus en entreprise : un collaborateur envoie à un autre un document nickel… mais vide, truffé d'erreurs ou même parfois de « insérez la bonne valeur ».

Des chercheurs de BetterUp Labs et du Social Media Lab de Stanford ont posé un mot là-dessus cette année : le « workslop ». C'est du travail généré par l'IA qui a l'air fini et carré, mais qui ne contient aucune des réflexions et données nécessaires pour faire avancer le sujet.

Dans une enquête auprès de 1 150 salariés américains, 41 % disent en avoir reçu au cours du mois écoulé. Chaque cas leur a pris en moyenne 2 h à démêler. Converti en salaires, ça fait environ 186 dollars par salarié et par mois, soit plus de 9 millions de dollars par an dans une entreprise de dix mille personnes. Et rien de tout ça n'apparaît sur un tableau de bord.

Au-delà du financier, un autre aspect ressort de l'étude : 42 % de ceux qui ont reçu du workslop ont fait moins confiance à l'expéditeur ensuite, et un tiers ne voulaient carrément plus collaborer avec lui.

Le laboratoire METR a mené une expérience contrôlée en 2025 avec des ingénieurs expérimentés. Avec les outils d'IA et sans formation pratique, ils étaient 19 % plus lents. Interrogés après coup, ils étaient persuadés que l'IA les avait rendus 20 % plus rapides. On ne sent pas le coût de son propre workslop. On se sent productif pendant que l'organisation autour de soi ralentit.

Le souci ici est plus simple que la technologie : la perte de responsabilité.

Sur un projet industriel, personne — je l'espère — ne transmet un plan qu'il n'a pas vérifié et signé. La signature, c'est le contrôle. Le travail produit avec l'IA mérite la même discipline. Ce qu'un collaborateur génère, c'est un brouillon dont il répond, pas un livrable qu'on fait suivre sans y toucher.

Les dirigeants donnent le ton : moins d'artefacts pondus par la machine, plus de documents vraiment relus, et on valorise ce travail discret de vérification que l'IA rend si facile à zapper. Les entreprises qui prendront de l'avance seront celles qui maintiennent chacun responsable de ce qui porte son nom, quel que soit l'outil qui l'a produit.

Mes recherches reviennent toujours au même principe : un système fonctionne à la hauteur de sa gouvernance, pas de son équipement. L'IA n'a rien changé à ça. Elle a juste fait grimper le prix de l'oubli.